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Éducation nutritionnelle et cétogène féminin

Nov 18, 2025

Overview

Entretien entre Ulrich Gignisson (EatFat2BeFit) et Elisabeth Yadbaou, diététicienne-nutritionniste et naturopathe, sur l’éducation nutritionnelle, le low carb/cétogène et la prise en charge de patientes, notamment après 40 ans.

Parcours et positionnement d’Elisabeth

  • Diététicienne-nutritionniste ~20 ans, naturopathe ~2,5 ans, exerce en libéral à Marmande.
  • Patientèle majoritaire: femmes >40 ans, surpoids associé à troubles digestifs, Hashimoto, SOPK.
  • Approche: forte pédagogie, recherche des causes, personnalisation, autonomie du patient.
  • Expérience personnelle: RGO et gastrite dès l’enfance; échecs des recommandations classiques.
  • Tests alimentaires: végétal/cru non concluant (SIBO, ballonnements); low carb puis cétogène efficaces.

Limites des approches classiques

  • Formation BTS: mécanismes plutôt que causes; diététique standard peu efficace sur RGO.
  • Prise en charge clinique: focalisation sur le poids total, pas sur la masse maigre.
  • Cancer, mucoviscidose, anorexie: nutrition entérale efficace sur le poids, pas sur la qualité tissulaire.
  • Influence industrielle: aliments, hôpitaux, compléments; messages contradictoires au public.

Naturopathie et compléments d’approche

  • Naturopathie: auto-guérison, force vitale/énergie mitochondriale, hygiène de vie, stress, toxines.
  • Alimentation vivante: utile pour détox ponctuelle; ne répare pas le métabolisme sur la durée.
  • Besoin d’expérimentations personnelles, essai-erreur, abandon des dogmes.

Éducation nutritionnelle et pédagogie

  • Confusion générale: messages officiels, influenceurs, analyses mal comprises (IGG).
  • Consultations longues (≈2h): bases, micronutrition, chronobiologie, causes des blocages.
  • Objectif: compréhension avant application; démystification des idées reçues (graisses, oméga-3, calcium végétal).

Low carb vs cétogène: définitions et usages

  • Régime occidental: ~400 g glucides/jour; low carb: ~80–150 g; cétogène: corps cétoniques élevés.
  • Low carb: améliore beaucoup (HbA1c, insuline, énergie), phase de transition possible.
  • Cétogène: ajoute les bénéfices des cétones (signalisation, énergie), potentiel d’inversion de pathologies.

Résultats observés en pratique

  • Diminution fringales/compulsions; satiété, apaisement mental, meilleur sommeil.
  • Troubles digestifs: moins de ballonnements, reflux, constipation; SIBO amélioré.
  • Perte de poids possible; amélioration indépendamment du poids perçu.
  • Paramètres métaboliques: HbA1c en baisse en low carb; transaminases/stéatose améliorées (fructose).
  • Énergie accrue; fatigue post-prandiale en baisse.

Thyroïde, hormones et poids

  • Priorité: restaurer la fonction thyroïdienne; la perte de poids vient ensuite.
  • Micronutriments clés: iode, sélénium, zinc, cuivre, vitamine D; protéines suffisantes.
  • Rôle des apports: impossibilité d’atteindre des niveaux optimaux sur 1500 kcal sans supplémentation.

Micronutrition et densité nutritionnelle

  • Nous ne sommes pas ce que nous mangeons, mais ce que nous absorbons.
  • Pièges: calcium végétal peu biodisponible (oxalates), confusion oméga-3 vs EPA/DHA, vitamine A.
  • Aliments denses: abats, foie, viande rouge, poissons gras; rejet fréquent et nécessité parfois de suppléments.
  • Normes d’apports: minimales de survie, pas optimales pour longévité/performance/procréation.

Chronobiologie et rythmes

  • Ancrage circadien: lumière + alimentation; éviter dîner tardif et lumière artificielle le soir.
  • Petit-déjeuner protéiné et gras: sérotonine, dopamine, mélatonine; stabilité de la faim et de l’humeur.
  • Problème français: café à jeun, repas tardifs; boucle sommeil-énergie défavorable.

Gestion du gras dans le cétogène

  • Deux écueils: peur du gras conduisant à un hyperprotéiné hypocalorique; excès de gras non maîtrisé.
  • Ajustements individualisés: quantité de lipides testée, suivi des sensations et des marqueurs.

Femmes, restriction et carences

  • Pressions sociétales et diètes répétées: métabolisme abaissé, carences cumulées.
  • À l’assiette: volume perçu “important” mais aliments simples (viande, poisson, graisse, légumes).
  • Priorité: réparer intestins et métabolisme avant de viser la balance.

Idées reçues et corrections

  • IG/charge glycémique: améliorations partielles, souvent insuffisantes pour inverser.
  • Fruits et “détox”: utiles ponctuellement; excès de fructose lié à stéatose.
  • Végétarisme/vegan: inertie des carences (ex. B12 ~24 mois), pertes musculaires chez sujets âgés.

Message aux professionnels et aux patients

  • Professionnels: sortir des dogmes, allonger le temps clinique, coopérer entre disciplines.
  • Patients: abandonner la solution miracle; investir temps et effort; viser la cause, pas le symptôme.
  • Liberté-responsabilité: comprendre pour adapter durablement; transformation par la connaissance.

Repères structurés

ThèmeConstat/ProblèmeApproche proposéeRésultats observés
RGO/SIBORecommandations classiques inefficaces; ferments/glucides aggraventLow carb puis cétogène; réduction glucidesReflux et ballonnements diminuent; pH et intégrité intestinale s’améliorent
Fringales/stressRestriction chronique, compulsionsCétogène bien formulé; petit-déj protéiné-grasSatiété, apaisement, moins de compulsions
Diabète T2Hyperinsulinisme, HbA1c élevéeLow carb (puis cétogène si possible)HbA1c diminue en quelques mois
ThyroïdeHypothyroïdie non corrigéeMicronutriments (iode, sélénium, zinc, cuivre, vit D), protéinesMétabolisme et température améliorés; poids se normalise
Stéatose hépatiqueFructose élevé, transaminases hautesRéduction glucides/fructose, low carb/cétogèneTransaminases en baisse; stéatose s’améliore
Poids féminin >40 ansRégimes répétés, carences, métabolisme basRéparer intestins, densité nutritionnelle, calories suffisantesPerte de gras possible; masse musculaire préservée/augmentée
PédagogieDésinformation, croyances IG/oméga-3/calciumConsultations longues, déconstruction et personnalisationAdhésion, autonomie, résultats durables

Action Items

  • Évaluer l’apport réel en glucides et viser le low carb (80–150 g) comme première étape.
  • Structurer un petit-déjeuner riche en protéines et lipides, dîner léger et tôt.
  • Réintroduire/augmenter aliments denses: abats, foie, poissons gras, viande rouge.
  • Vérifier et corriger iode, sélénium, zinc, cuivre, vitamine D; compléter si apports alimentaires insuffisants.
  • Cibler la réparation intestinale avant tout objectif pondéral; réduire fructose.
  • Allonger la durée des consultations pour pédagogie (≈2h) et plan personnalisé.

Décisions

  • Prioriser la compréhension des causes et la micronutrition avant la balance.
  • Positionner le low carb comme tremplin vers un cétogène bien formulé si nécessaire.
  • Refuser les approches “express” et les dogmes; adopter une démarche essai-erreur guidée.