Vue d'ensemble
Arrêt de la Cour de cassation du 16 septembre 2010 interdisant l'exposition commerciale de cadavres humains en application de l'article 16-1-1 du Code civil, au nom de la dignité et du respect dû au corps humain.
Identification de l'arrêt
| Élément | Détail |
|---|
| Juridiction | Cour de cassation, première chambre civile |
| Date | 16 septembre 2010 |
| Parties | Société Encore Events c/ Association Ensemble contre la peine de mort |
| Nom courant | Arrêt Our Body |
| Article applicable | Article 16-1-1 du Code civil |
Les faits
- Société Encore Events organise exposition « Our Body, à corps ouvert » à Paris en 2009.
- Exposition présente corps plastinés dans positions diverses (jouant basket, dansant, montant cheval).
- Cadavres disséqués d'origine chinoise avec identité difficile à déterminer exposés publiquement.
- Exposition défend visée pédagogique malgré caractère commercial et payant.
- Associations Ensemble contre la peine de mort et Solidarité Chine saisissent justice.
- Tribunal grande instance puis Cour d'appel Paris interdisent exposition.
- Société Encore Events se pourvoit en cassation contre interdiction.
Cadre juridique applicable
- Article 16 Code civil : protège dignité corps humain, protection débute au commencement vie.
- Article 16-1 Code civil : interdit dispositions patrimoniales du corps humain, éléments et produits.
- Loi 2008-1350 du 19 décembre 2008 : législation funéraire comble lacune protection après mort.
- Article 16-1-1 Code civil : respect dû au corps humain ne cesse pas avec mort.
- Restes personnes décédées doivent être traités avec respect, dignité et décence.
Argumentation de la Cour d'appel
- Cour d'appel exige vérification origine licite des cadavres exposés.
- Nécessité rechercher consentement personnes de leur vivant sur utilisation cadavre.
- Origine trouble des cadavres chinois s'oppose à tenue exposition.
- Cour d'appel nuance : respect corps n'interdit pas regard société sur mort.
- Exposition momies dans musées autorisée sans indignation ni trouble ordre public.
Arguments de la société Encore Events
- Société invoque vocation pédagogique exposition pour justifier activité.
- Techniques modernes plastination présentées comme élargissement champ compétences scientifiques.
- Exposition permet observer construction corps humain à fins éducatives.
- Société compare exposition momies égyptiennes (sans consentement) et corps plastinés.
- Selon société, pas différence objective entre momies musées et cadavres exposition.
Question de droit
- Utilisation cadavres humains dans exposition pédagogique porte-t-elle atteinte article 16-1-1 ?
- Magistrats doivent préciser sens termes « digne, respectueux et décent ».
- Exposition payante cadavres humains est-elle irrespectueuse, indigne ou indécente ?
- Arbitrage entre respect corps humain et exposition scientifique ou pédagogique.
Solution de la Cour de cassation
- Cour écarte question licéité cadavres (preuve particulièrement complexe à apporter).
- Principe posé : utilisation fins commerciales corps humain méconnaît article 16-1-1.
- Rejet pourvoi société Encore Events confirmant interdiction exposition.
- Finalité commerciale incompatible avec respect, dignité et décence dus corps humain.
- Solution laisse ouverte question exposition scientifique non commerciale restes humains.
Termes clés et définitions
- Plastination : technique moderne conservation cadavres par remplacement liquides corporels par plastique.
- Dignité humaine : valeur fondamentale protégeant corps humain même après mort.
- Respect dû au corps : obligation traitement respectueux, digne et décent restes humains.
- Décence : conformité aux normes morales et sociales dans traitement corps.
- Fins commerciales : exploitation corps à but lucratif interdite par article 16-1-1.
Point de vigilance
- Ne pas confondre avec arrêt Our Body du 29 octobre 2014 concernant droit assurances.
- Arrêt 2014 consacre inassurabilité contrats illicites dans contexte différent.