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Cadavres et dignité: arrêt Our Body

Oct 31, 2025

Vue d'ensemble

Arrêt de la Cour de cassation du 16 septembre 2010 interdisant l'exposition commerciale de cadavres humains en application de l'article 16-1-1 du Code civil, au nom de la dignité et du respect dû au corps humain.

Identification de l'arrêt

ÉlémentDétail
JuridictionCour de cassation, première chambre civile
Date16 septembre 2010
PartiesSociété Encore Events c/ Association Ensemble contre la peine de mort
Nom courantArrêt Our Body
Article applicableArticle 16-1-1 du Code civil

Les faits

  • Société Encore Events organise exposition « Our Body, à corps ouvert » à Paris en 2009.
  • Exposition présente corps plastinés dans positions diverses (jouant basket, dansant, montant cheval).
  • Cadavres disséqués d'origine chinoise avec identité difficile à déterminer exposés publiquement.
  • Exposition défend visée pédagogique malgré caractère commercial et payant.
  • Associations Ensemble contre la peine de mort et Solidarité Chine saisissent justice.
  • Tribunal grande instance puis Cour d'appel Paris interdisent exposition.
  • Société Encore Events se pourvoit en cassation contre interdiction.

Cadre juridique applicable

  • Article 16 Code civil : protège dignité corps humain, protection débute au commencement vie.
  • Article 16-1 Code civil : interdit dispositions patrimoniales du corps humain, éléments et produits.
  • Loi 2008-1350 du 19 décembre 2008 : législation funéraire comble lacune protection après mort.
  • Article 16-1-1 Code civil : respect dû au corps humain ne cesse pas avec mort.
  • Restes personnes décédées doivent être traités avec respect, dignité et décence.

Argumentation de la Cour d'appel

  • Cour d'appel exige vérification origine licite des cadavres exposés.
  • Nécessité rechercher consentement personnes de leur vivant sur utilisation cadavre.
  • Origine trouble des cadavres chinois s'oppose à tenue exposition.
  • Cour d'appel nuance : respect corps n'interdit pas regard société sur mort.
  • Exposition momies dans musées autorisée sans indignation ni trouble ordre public.

Arguments de la société Encore Events

  • Société invoque vocation pédagogique exposition pour justifier activité.
  • Techniques modernes plastination présentées comme élargissement champ compétences scientifiques.
  • Exposition permet observer construction corps humain à fins éducatives.
  • Société compare exposition momies égyptiennes (sans consentement) et corps plastinés.
  • Selon société, pas différence objective entre momies musées et cadavres exposition.

Question de droit

  • Utilisation cadavres humains dans exposition pédagogique porte-t-elle atteinte article 16-1-1 ?
  • Magistrats doivent préciser sens termes « digne, respectueux et décent ».
  • Exposition payante cadavres humains est-elle irrespectueuse, indigne ou indécente ?
  • Arbitrage entre respect corps humain et exposition scientifique ou pédagogique.

Solution de la Cour de cassation

  • Cour écarte question licéité cadavres (preuve particulièrement complexe à apporter).
  • Principe posé : utilisation fins commerciales corps humain méconnaît article 16-1-1.
  • Rejet pourvoi société Encore Events confirmant interdiction exposition.
  • Finalité commerciale incompatible avec respect, dignité et décence dus corps humain.
  • Solution laisse ouverte question exposition scientifique non commerciale restes humains.

Termes clés et définitions

  • Plastination : technique moderne conservation cadavres par remplacement liquides corporels par plastique.
  • Dignité humaine : valeur fondamentale protégeant corps humain même après mort.
  • Respect dû au corps : obligation traitement respectueux, digne et décent restes humains.
  • Décence : conformité aux normes morales et sociales dans traitement corps.
  • Fins commerciales : exploitation corps à but lucratif interdite par article 16-1-1.

Point de vigilance

  • Ne pas confondre avec arrêt Our Body du 29 octobre 2014 concernant droit assurances.
  • Arrêt 2014 consacre inassurabilité contrats illicites dans contexte différent.